Archive de la catégorie «Littérature»

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Trapéziste de Tristane Banon

mai 10, 2008

Tristane Banon est une fille comme les autres, ou presque. Peut-être (sûrement même…) un peu plus douée pour mettre des mots sur ses émotions, sur des tranches de vie pas banales. C’est ce qui en fait sa force, selon moi. Moi qui aime tant lire ces histoires quotidiennes de gens qui me ressemblent.

Elle m’avait déjà touchée avec son premier roman autobiographique, « J’ai oublié de la tuer », qui racontait les errances d’une petite gamine perdue entre une mère trop indifférente et une nourrice trop violente. La petite Tristane a grandi dans Trapéziste, et elle est une jeune femme paumée, toujours en recherche excessive d’amour et qui se débat encore avec ses démons.

Evidemment on retrouve le style simple et accessible, l’intensité des sentiments, la fragilité touchante de l’auteure. Et on est contents d’avoir recroisé cette petite princesse aux pieds nus car elle nous rappelle forcément un peu quelqu’un….

Extraits

“En Mai, j’ai vingt-cinq ans et je vis avec un journaliste passablement intéressant qui voudrait que je lui sois éternellement reconnaissante d’avoir largué cinq nanas pour s’installer avec moi. Un style « charmeur désabusé drôle et sarcastique ». Un trentenaire du troisième millénaire, quoi ! Edouard Baer et d’autres avec lui ont montré la voie, peut-être même sont-ils devenus les idoles de cette génération, car les rues sont remplies de mini-Bear ou de mini-Beigbeder qui ont tout des vrais, sauf peut-être le portefeuille. Le mien était plutôt un modèle Bear. Même coupe de cheveux, même barbe mal rasée, même second degré permanent. En moins bon. Qu’importe, il était l’idole de ma rédaction. Monsieur était le héros de ces dames et moi la Marie-Madeleine de ces messieurs. Il fallait bien qu’on se rencontre un jour.”

“Quand mon premier roman sort, c’était peu de temps après l’essai, je ne sais pas trop ce qui m’arrive. Un roman, ça vient des tripes, ça vous bouffe tout entier. Surtout que ce livre sur les relations mère-fille, c’est un peu ma vie. J’ai dit ces non relations de maman et moi, l’amour que j’ai toujours eu pour elle et qu’elle n’a pas souvent eu pour moi. Un huis clos à trois entre ma mère, la nurse et moi. Une nounou qui aurait pu être mon meilleur souvenir si les coups et l’alcool n’avaient pas été ses deux passe-temps favoris. Cent trente pages pour dire ce qui ne se dit pas : que la tristesse tombe sur le dos des petites filles riches… Même si elle se fracasse plus sévèrement sur les épaules des petites filles pauvres.”

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Cul et chemise

avril 18, 2008

C’est une histoire un peu banale que nous raconte l’auteur, Robyn Sisman, Américaine d’origine, dans son deuxième roman intitulé « Cul et chemise ». L’histoire d’un homme, d’une femme, de leurs différences et d’un sentiment universel : l’amour. Ou comment passer d’une relation d’amitié amoureuse, avec ce qu’elle peut comporter de jalousies, de déceptions et d’espoirs inconscients, à une vraie histoire de couple, exclusive et passionnée…

Jack et Freya sont les deux héros de ce beau récit. Avec style et simplicité, elle nous glisse entre ces deux personnages, humains, qui nous ressemblent dans leurs doutes et leurs bonheurs. Et même si la fin ne peut être que prévisible, on fait durer le suspense, on imagine des tas de scénarios possibles, pour enfin se réjouir à la dernière page….

Extraits :

« Jamais il ne l’avait vue aussi nerveuse. Il n’aurait su dire si c’était à cause de sa famille ou de lui. Il jugeait, certes, un peu étrange de se retrouver avec elle dans cette chambre. Le très grand lit semblait être une invite, ce qui poussait Freya à se retirer sur des hauteurs glaciales tandis que lui-même tentait des blagues idiotes. Pourtant, c’était bien elle qui cherchait désespérément un petit ami, et il ne demandait qu’à jouer ce rôle. Ce pourrait être amusant. »

« Elle allait avec lui à la campagne pour la première fois et ne savait as comment il se comporterait. Et s’il était de ces pauvres mecs qui ne veulent jamais descendre de voitures et salir leurs chaussures et qu’on doit féliciter d’avoir survécu à toute « marche » plus éprouvante qu’une simple balade sur terrain plat ? En fait, il progressait à bonne allure, portant le sac à dos, avec l’air de tout apprécier, depuis l’ingénieuse construction des échaliers en pierre jusqu’aux moutons cocasses qui broutaient sur les promontoires herbeux, en passant par le fait que les fleurs magenta jaillissant de feuilles en forme d’épée portaient localement le nom de « Jack siffleurs ».

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Les enfants de la liberté : enfin en poche!!!!

avril 5, 2008

Marc Levy est dans le top 3 de mes auteurs préférés…Ex-æquo avec Guillaume Musso et Anna Gavalda… J’aime son style, sa façon de nous projeter dans ses histoires, ses personnages… J’aime aussi le fait qu’il soit français et que le monde entier se l’arrache….Mais ça c’est sûrement mon côté chauvin!

L’avant dernier de ses bouquins, Mes amis mes amours,  m’avait enchanté et je me languis déjà d’en voir l’adaptation cinématographique avec Vincent Lindon et Florence Foresti (faut que je vous parle d’elle un jour, je le note….

Quand le dernier est sorti, j’ai voulu me précipiter dessus…En plus ça parlait de la guerre et de la résistance, deux sujets qui m’intéressent énormément…. Mais ne pouvant me permette d’acheter un livre à 20 euros, j’ai décidé de prendre mon mal en patience et d’attendre la sortie en édition de poche….

Depuis, je passais à chacune de mes visites à la librairie par le rayon “nouveautés”, en espérant que cette fois rien ne m’empêcherait de me procurer ce petit bijou…. Ok, je ne l’ai pas lu encore, mais je ne doute pas une seconde qu’il me plaira!

Et ce matin, enfin, je l’ai vu!!!! En tête de gondole, tout beau, tout neuf!!!! Alors promis, bientôt je vous donne mon avis sur ce livre mais je voulais juste vous informer que si vous étiez dans le même cas que moi, maintenant, vous n’avez plus d’excuses!

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Chroniques de Los Angeles

mars 24, 2008

Chroniques de Los Angeles d’Annette Levy-Willard

Roman ou vrai documentaire? L’auteure a-t-elle ajouté quelques bribes de réalité dans la fiction ou l’inverse? Impossible de le savoir ou de définir ce livre.

chroniques de los angeles

Journaliste pour Libération, nouvelle Américaine après avoir suivi son mari acteur dans la Cité des Anges, Annette Levy-Willard nous décrit la vie hollywoodienne dans son quotidien superficiel. Le désamour des Américains pour les Frenchies suite au refus de Chirac d’envahir l’Irak, l’importance du paraître, l’adolescence débauchée… Elle nous dresse, un peu à la manière d’un Ted Stanger, un portrait pas vraiment acidulé de cette culture si diférente.

“Chroniques de Los Angeles” est écrit avec un style très vivant, léger et en même temps plutôt intéressant. Rien ne nous est épargné, c’est drôle, et on sentirait presque le soleil californien sur nos visages…

Extrait :

“Pendant mes premières semaines à Los Angeles, au risque d’affaiblir encore le fonctionnement de mes neurones usés par le soleil et l’air du Pacifique, j’ai parcouru la presse spécialisée de Us à People en passant par Variety et The Hollywood Reporter, avec l’application que j’avais mise dans le dépouillement des archives poussiéreuses de la Seconde Guerre mondiale. Emportée par le flot d’infos sur les fiançailles, les grossesses et, surtout, les anniversaires des stars, accablée par les articles sur les salaires à six “chiffres” des cadres des studios, je sombrais lentement dans une forme de dépression proche de celle des femmes au foyer du Middle West quand le cercle le plus recherché du top de la célébrité s’est soudain ouvert devant moi : la cérémonie de remise des Golden Globes”

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Rosemary’s baby

mars 23, 2008

Rosemary’s baby

d’Ira Levin

 

Le titre de ce roman sorti en 1967 sonne déjà à l’oreille de la plupart des gens comme un nom familier, vu le succès du film qui en a été tiré en 1968 par Roman Polanski. Je faisais partie de ces personnes qui en ont entendu parler, mais je ne savais même pas de quoi ça parlait. Alors, quand j’ai croisé ce livre dans les rayons de la médiathèque municipale, je m’en suis emparée, poussée par la curiosité qui me caractérise toujours.

Dans la préface, on nous prévient un peu : « Bien peu de lecteurs peuvent refermer ce livre avant d’en avoir achevé la lecture ; et après l’avoir lu, personne ne peut tout à fait l’oublier ». Le problème c’est qu’il faut bien dormir de temps en temps, et il est vrai qu’il a été difficile de le poser à ce moment là.

livre rosemary’s baby

Tout commence comme dans un conte de fées… Un joli couple de jeunes mariés avec des projets d’avenir plein la tête, emménage dans l’appartement de leurs rêves, celui dans lequel ils veulent fonder une famille. Un soir, à la suite d’un drame, ils rencontrent leurs voisins, des gens charmants et attentionnés… Peut-être un peu trop…

On ne se rend pas vraiment compte à quel moment on bascule dans l’horreur, sûrement parce qu’on est tellement pris dans l’histoire que ça coule tout seul.

Sans dévoiler la fin, ce qui serait vraiment dommage, je ne peux dire qu’une chose : si vous aimez le suspense, précipitez vous sur Rosemary’s baby… et méfiez vous de vos voisins… Trop de gentillesse tue la gentillesse.

 

Extrait :

« Il y avait une foule de dangers à éviter dans les mois à venir  incendies, chutes, accidents de voiture ; dangers qui n’en étaient pas auparavant, mais qui devenaient menaçants maintenant qu’Andrew-ou-Susan était en route, avait commencé à vivre (Oui, à vivre !). Elle allait renoncer à la cigarette qu’elle fumait de temps en temps. Et demander son avis au Dr Sapirstein au sujet des cocktails.

Si seulement elle savait encore prier ! Comme ce serait bon de pouvoir tenir de nouveau un crucifix et parler à Dieu : lui demander qu’il la protège pendant les huit mois encore à venir ; qu’elle n’attrape pas la rougeole, et qu’on ne lui fasse pas prendre de médicament miracle qui provoquerait les mêmes effets que la Thalidomide. Que les huit mois se passent bien, sans accident, sans maladie, huit mois pendant lesquels il faudrait faire provision de fer, de lait, de soleil.

Tout à coup elle se rappela l’existence du porte-bonheur, la boule d’argent avec la racine de tannis ; et, si idiot que cela puisse paraître, elle eut envie – non, c’était réellement un besoin – de l’avoir autour du cou. Elle   de son lit, alla sur la pointe des pieds jusqu’à sa coiffeuse, le tira de sa boîte en fer-blanc et déroula le papier d’aluminium qui l’emmaillotait. L’odeur de la racine de tannis n’était plus la même : elle était aussi forte, mais plus du tout désagréable. Elle passa la chaîne par-dessus sa tête. »