Tristane Banon est une fille comme les autres, ou presque. Peut-être (sûrement même…) un peu plus douée pour mettre des mots sur ses émotions, sur des tranches de vie pas banales. C’est ce qui en fait sa force, selon moi. Moi qui aime tant lire ces histoires quotidiennes de gens qui me ressemblent.
Elle m’avait déjà touchée avec son premier roman autobiographique, « J’ai oublié de la tuer », qui racontait les errances d’une petite gamine perdue entre une mère trop indifférente et une nourrice trop violente. La petite Tristane a grandi dans Trapéziste, et elle est une jeune femme paumée, toujours en recherche excessive d’amour et qui se débat encore avec ses démons.
Evidemment on retrouve le style simple et accessible, l’intensité des sentiments, la fragilité touchante de l’auteure. Et on est contents d’avoir recroisé cette petite princesse aux pieds nus car elle nous rappelle forcément un peu quelqu’un….
Extraits
“En Mai, j’ai vingt-cinq ans et je vis avec un journaliste passablement intéressant qui voudrait que je lui sois éternellement reconnaissante d’avoir largué cinq nanas pour s’installer avec moi. Un style « charmeur désabusé drôle et sarcastique ». Un trentenaire du troisième millénaire, quoi ! Edouard Baer et d’autres avec lui ont montré la voie, peut-être même sont-ils devenus les idoles de cette génération, car les rues sont remplies de mini-Bear ou de mini-Beigbeder qui ont tout des vrais, sauf peut-être le portefeuille. Le mien était plutôt un modèle Bear. Même coupe de cheveux, même barbe mal rasée, même second degré permanent. En moins bon. Qu’importe, il était l’idole de ma rédaction. Monsieur était le héros de ces dames et moi la Marie-Madeleine de ces messieurs. Il fallait bien qu’on se rencontre un jour.”
“Quand mon premier roman sort, c’était peu de temps après l’essai, je ne sais pas trop ce qui m’arrive. Un roman, ça vient des tripes, ça vous bouffe tout entier. Surtout que ce livre sur les relations mère-fille, c’est un peu ma vie. J’ai dit ces non relations de maman et moi, l’amour que j’ai toujours eu pour elle et qu’elle n’a pas souvent eu pour moi. Un huis clos à trois entre ma mère, la nurse et moi. Une nounou qui aurait pu être mon meilleur souvenir si les coups et l’alcool n’avaient pas été ses deux passe-temps favoris. Cent trente pages pour dire ce qui ne se dit pas : que la tristesse tombe sur le dos des petites filles riches… Même si elle se fracasse plus sévèrement sur les épaules des petites filles pauvres.”







